Si vous avez déjà réservé vos places pour Avengers : Endgame Extended, vous avez sans doute vu apparaitre un sigle inédit : “Infinity Vision”. De nombreuses salles de cinéma en France proposeront dès demain ce format inédit. Une certification qui a vocation de sauver la mise pour Avengers : Doomsday, le 16 décembre prochain. Coup marketing ?
Pas de progrès technologique
Qu’on se le dise tout de suite, l’Infinity Vision n’est pas vraiment un concurrent direct à l’IMAX mais plutôt une manière pour Disney d’assurer à ses spectateurs une expérience de visionnage de qualité. De nombreux cinémas ont candidaté pour obtenir la précieuse certification et les conditions à remplir n’ont rien d’infini.
Pour pouvoir proposer des séances Infinity Vision, les cinémas devront répondre aux critères suivants. L’écran doit avoir une largeur minimale de 13,75 mètres. La salle doit être équipée d’un système audio immersif comme Dolby Atmos ou 7.1, et atteindre un niveau de luminosité de 14 pieds lambert en 2D et 6 pieds en 3D. La qualité des sièges et les options proposées ne sont pas mentionnées, il est juste question de ne pas se retrouver dans une salle minuscule et vétuste. On imagine de toute manière assez mal les cinémas programmer le blockbuster sur leurs plus petits écrans.
En juin dernier, le PDG de Cinemark expliquait que cette certification était tout de même une manière de mettre en avant les formats premium. “Face à l’intérêt croissant pour des services de cinéma améliorés, notre secteur a l’opportunité de simplifier la communication et la promotion des expériences grand format premium (PLF) offertes aux consommateurs. Nous félicitons Disney pour cette première étape importante et nous nous réjouissons de collaborer avec eux et nos partenaires du secteur afin de définir une marque et des normes PLF communes”.
À noter tout de même que cette certification Infinity Vision n’entraîne pas une hausse du prix de la séance. Le billet est facturé comme une séance classique là où les séances IMAX sont soumises à une majoration d’environs 8 euros. Au moins là-dessus, le cout marketing ne se répercute pas sur le budget des spectateurs.
Pourquoi un tel format ?
Mais alors pourquoi Disney s’engage à promouvoir ce format qui, finalement, ne change rien. Pourquoi avoir réservé certains extraits inédits d’Avengers : Doomsday aux seules séances IMAX et Infinity Vision ? Disney a déjà perdu une bataille dans sa guerre contre Dune : Troisième partie. Warner Bros a obtenu l’exclusivité des salles IMAX aux États-Unis. Un sacré coup dur pour Mickey quand on sait que l’IMAX représente 20% des recettes d’un blockbuster à l’heure actuelle.
Cette nouvelle certification n’augmentera pas mécaniquement les recettes de Doomsday, mais ce n’est sans doute pas nécessaire au vu des résultats des préventes du film. Le film a déjà rapporté 50 millions de dollars aux États-Unis, trois mois avant sa sortie. Du jamais vu pour l’industrie et un indicateur fort pour le prochain film du MCU. En attendant, la firme espère dépasser Avatar au box-office historique avec cette ressortie.